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Souvenirs du bagne (par un ex forçat)

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Description

Dans Souvenirs du bagne, je dis par quelle suite de circonstances j’ai été amené à me révolter contre l’ordre social actuel et finalement à être condamné, le 16 novembre 1894, par la cour d’assises de Gironde, à cinq années de travaux forcés. le décris dans ce livre les conditions du régime disciplinaire dans les pénitenciers de la Guyane française ; je dis ce que j’ai vu et souffert durant mon existence de forçat. Avec ce régime pénitentiaire, la loi se proposait de prévenir les crimes et délits et de relever moralement les condamnés tout en faisant prospérer la colonisation. Il n’a servi, en vérité, qu’à constituer une série d’engrenages, propices aux basses rapacités administratives. Ce livre montre ce que sont les forçats et comment ils le deviennent. le crois fermement qu’un jour se lèvera pour la suppression de toutes les geôles, pour l’affranchissement de tous les esclaves, mais je m’estimerais heureux si, dès maintenant, mon œuvre pouvait servir à l’abolition de quelques-uns des abus, de quelques-unes des tortures que j’ai signalées. ” Ces propos de Liard-Courtois nous replongent à la fin du XIXe et au début du XXe siècle lorsque l’État français, se servant des attentats anarchistes comme prétexte, décrète les ” lois scélérates ” qui vont permettre de museler la presse et d’envoyer au bagne nombre de propagandistes libertaires. Ils nous rappellent les témoignages de Clément Duval et ceux d’Eugène Dieudonné arrêtés, condamnés et déportés au bagne de Cayenne. Ils remettent en mémoire les campagnes d’Albert Londres en vue de la suppression du bagne. Avec les souvenirs de Liard-Courtois, restés depuis trop longtemps enfouis, nous renouons avec cette époque.

La case est le lieu de vie du forçat ; c’est là qu’en théorie il doit se trouver hors période de travail. Là, , on joue, on vend de la nourriture, on boit, on se tue pour de la nourriture, pour une fiole de tafia, pour l’argent contenu dans le plan d’un autre détenu, pour l’argent perdu au jeu, pour tant et tant d’autres raisons plus ou moins valable. Là, on s’accouple aussi, par plaisir, pour de l’argent encore, pour de la protection. Alexandre Jacob ne pratique pas les distractions illicites, mais tolérées, de la case. Il les juge aliénantes, c’est-à-dire faisant partie intégrante du processus normatif d’intégration à ce système totalitaire et pénitentiaire qu’est le bagne. Mais si Barrabas répugne à l’inversion sexuelle, il ne la blâme pas. Contrairement à certains anarchistes qui vécurent l’enfer du bagne, contrairement même au docteur Rousseau qui considère l’homosexualité hors norme dans des conditions d’existence habituelles, c’est-à-dire libre, contrairement à de nombreux reporters venus effrayer leur lectorat, l’ancien forçat Jacob l’estime naturelle, comme toute autre pratique sexuelle, et, à juste titre, légitime dans un milieu exclusivement masculin et aux passions exacerbées. Les textes qui suivent montrent cela. Le passage, très long, du livre du Dr Rousseau sur l’homosexualité fera l’objet d’un article à part : l’Oncle et les PD. De la même manière, le lecteur pourra se référer à la nouvelle, La comique aventure du môme à Pépète, écrite par Jacob à Fresnes en 1927 et que nous avons mis en ligne dans ce blog. L’hétérosexualité ne devient possible que lorsque le bagnard peut « approcher de très prés des femmes d’agents et de fonctionnaires » (lettre au député Lafont le 11 janvier 1932). C’est-à-dire quand il parvient à se faire placer comme garçon de famille après sa nomination à la 1ère classe. C’est le cas du matricule 34777 à partir de 1920. C’est également le cas d’un bagnard, mort par intoxication alimentaire, dont les rapports avec la femme d’un surveillant engendrèrent un énorme scandale sur les îles à la suite de la découverte de leur correspondance. Alexandre Jacob raconte le fait à sa dernière compagne, Josette Passas, en 1954. L’onanisme, l’abstinence et l’homosexualité constituent donc les règles générales de la vie sexuelle au bagne et marquent les rapports des bagnards dans la case. Mais il faut aussi envisager l’homosexualité sous l’angle de relations violentes de dépendance. Le « dur » protège le « môme ». Ces liens exacerbent les tensions et, comme n’importe quels autres plaisirs, se négocient. Finalement, nous retrouvons les mêmes schémas relationnels qu’ailleurs, à ceci près qu’il n’existe plus de femmes bagnards depuis au moins 1906 et que les hommes ne sont pas libres.

Informations complémentaires

Auteur

Éditeur

Date de parution

Septembre 2005

État

Très bon état

Format

Broché

Nombre de pages

398

Poids 0,650 kg

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