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Voyage à Cayenne

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Très bon état

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Description

Pitou est voyageur malgré-lui, car il part comme prisonnier sur les frégates de le jeune République Française en direction de Cayenne. Il s’agit des années de purge après la Révolution où l’on voulait, dans un accès de zèle, éradiquer tous les éléments anti-révolutionnaires. C’était un véritable nettoyage politique, les centaines de partants étaient en majorité constitués de d’anciens prêtres et autres ecclésiastiques. Pitou ne fait pas un secret de ses vues réfractaires et royalistes. Ce sont ses chansons, promulgues en public et ses travaux de journaliste conservateur qui lui valent la dénonciation et le ticket pour la Guyane. En somme, Pitou a la caractère de la droite actuelle en France comme Laurent Wauquiez ou Christian Estrosi. Il est inutile d’expliquer qu’une telle attitude harmonise fort peu avec la restructuration post-révolutionnaire où l’ancien régime risque de refaire surface. Pitou peut rentrer en France sous le consulat et publie son récit sous le premier empire lorsque la Révolution est complètement étouffée par dictateur Napoléon.

Son procès est court et extrêmement expéditif. Une dénonciation de n’importe qui suffit pour son arrêté de mort (car l’exil est le moindre mal). Pitou décrit aussi que les dénonciateurs étaient payés, c’était un système au nombre comme plus tard sous Hitler ou Staline. Avant le procès, il subit des mois d’agonie dans des prisons diverses. Les privations et tortures sont flagrantes, elles sont cependant habituelles dans ces temps-là. Pitou décrit ses plaies infectés à cause du manque de nourriture, d’air frais, de lumière et de l’insalubrité générale. Il ne s’en plaint pas spécialement, car ce système n’avait pas été mis en place par la Révolution, il existait bien avant.

Le transfert de Paris à l’embarquement sur l’Atlantique à Rochefort est presque ridicule. Il se passe une dizaine de jours accompagné d’agents divers et on loge la troupe de futurs exilés dans des prisons de fortune, le plus souvent sans surveillance. De plus, Pitou passe dans sa région d’origine, il aura une multitude d’occasions de fuite des plus aisées. Il reste cependant honnête envers ce système inhumain qui le maltraite.

La traversée sur une frégate commence comme le temps au cachot avant son procès, on traite bagnards comme des animaux, certains marins étaient en partie engagés sur des navires négriers. L’éloquent Pitou réussit cependant aussi ici de tirer son épingle du jeu en fraternisant à la fois avec certains prisonniers et quelques membres de l’équipage.

Sur place, il décrit la situation en détail, souvent en citant des textes d’origine. Il travaille comme un vrai journaliste et met en relation les ordres du directoire en France et leur exécution dans la colonie. Le dysfonctionnement est flagrant. L’idée du gouvernement de la jeune République est double: se débarrasser de ses adversaires et de rendre cultivable la Guyane comme les autres îles. Or en même temps, elle a promulgué l’interdiction de l’esclavage et bien sûr elle a d’autres soucis que de s’occuper des lointaines colonies. Les agents de la République sur place (et en France) sont tous corrompus et privent les prisonniers du nécessaire pour survire dans la jungle infecte. Ce sont en fait les habitants locaux (les vrais colons libres et les anciens esclaves) qui aident les déportés à survire (en leur enseignant les basiques de la vie tropicale et en les nourrissant).

Informations complémentaires

Auteur

Éditeur

Date de parution

Avril 2011

État

Très bon état

Format

Poche

Nombre de pages

324

Poids 0,300 kg

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